08.08.2008

JO. Le souvenir ému de Lucien Rault

Lucien Rault, ancien champion de cross originaire de Plouguenast, a participé aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976. A 72 ans, il en garde un ému souvenir. f68494f1d6a76bec1e7e1a01557fe22e.jpg


C’est avec un grand sourire et une certaine fierté que Lucien Rault, résidant à Loudéac, évoque sa participation aux Jeux olympiques de Montréal, en 1976. À l’époque, il avait 40 ans! Onzième d’une fratrie de quinze enfants, il a commencé à user des semelles à 20 ans. Mais ce n’est qu’à l’âge de 33 ans qu’il se met sérieusement à l’entraînement.

110 km par semaine
Alors qu’il travaille comme agent d’entretien au lycée de Loudéac, il accomplit 25 km de course par jour. « Avant, mon emploi de manutentionnaire en usine ne me le permettait pas, et je ne me sentais pas prêt. Quand j’ai changé de travail, j’ai intensifié les entraînements. Je quittais la maison à 5 h 30 du matin pour embaucher à 6 h, puis je consacrais mes après-midi à l’entraînement ». Sans relâche et avec abnégation, il réalise plus de 110 km par semaine et atteint assez rapidement les minima pour pouvoir participer aux JO.
Résultat, il se qualifie pour les JO, direction Montréal. « Lors du défilé, je me souviens que ma peau s’est hérissée. C’était affolant, il y avait plus de 300.000 personnes dans le stade ». Une marée humaine parmi laquelle Lucien parvient à reconnaître sa femme qui a fait le voyage grâce au soutien du club sportif de Plouguenast. « Participer aux JO, c’est comme l’apothéose pour un sportif ». Même s’il est rapidement éliminé, sa carrière s’étend bien au-delà des JO, avec un palmarès étoffé : il est en effet champion de France en 1974, champion du monde par équipe en 1978 et recordman de France sur 20 km et du monde vétéran sur 10.000 mètres.
« Ne pas mélanger sport et politique »Quand on l’interroge sur les JO de Pékin, Lucien Rault insiste : « Il ne faut pas mélanger le sport et la politique. Les jeux doivent rester une fête sportive ». Concernant le dopage, l’ancien champion reconnaît que les choses ont changé depuis son époque : « La médecine n’était pas aussi avancée que maintenant ». S’il n’a connu aucun sportif dopé, il avoue avoir eu des doutes, avec d’autres, sur les sportifs des pays de l’Est : « Ils raflaient tout », s’insurge-t-il en rigolant.
Grâce à ses exploits sportifs, Lucien a été plusieurs fois sollicité à Paris ou dans d’autres grandes villes, comme entraîneur et même gardien de la paix. Mais pour rien au monde il n’aurait quitté Plouguenast, dont le stade porte aujourd’hui son nom. « Je n’avais pas d’entraîneur mais tout le monde avait son petit mot pour moi ». Un véritable enfant du pays, porté par toute la population.
Aujourd’hui, Lucien Rault reste un aficionado du cross. Et à la veille de partir en vacances, il confie avec sa femme qu’ils essaieront de regarder les courses des JO de Pékin… dans les cafés !

Commentaires

salut lucien c'est léa la ptite fille de gaby le deist

Ecrit par : léa Guilard | 29.08.2008

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